LIEUX REMARQUABLES

7/3/2003
LE TIERKIRCHLEIN
Le TIERKIRCHLEIN dont la construction remonte probablement au XIIIème siècle, était un lieu de pèlerinage très fréquenté au Moyen-Age. Des pèlerins des villages environnants, dans l'espoir d'écarter les maladies des animaux domestiques (Epizooties), invoquaient le Saint patron du Tierkirchlein. Ils introduisaient, en guise d'offrandes, des pièces de monnaies en cuivre dans les interstices des murs ou - héritage de pratiques païennes - déposaient dans le choeur des balais en bois de bouleau afin de conjurer les mauvais esprits. Une sculpture ravinée par le temps - une tête de bélier - disparue depuis quelques années, se trouvait au point de convergence des arceaux de fenêtre.
Le Tierkirchlein a lui-même été érigé sur l'emplacement d'un ancien lieu de culte païen. A l'époque du paganisme, les animaux étaient déjà placés sous la protection d'une divinité. En contrebas, les niches creusées dans le rocher en sont peut être les derniers témoins.
La chapelle du Tierkirchlein dépendait du prieuré du SELHOF. 
Le bénitier, retrouvé en 1959 à proximité immédiate, fut récupéré par la commune d'Ingwiller et sert comme cuve baptismale au temple protestant. Après l'introduction de la Réforme au cours de la deuxième moitié du XVIème siècle, l'attraction exercée par la chapelle alla, d'année en année, diminuant.
Malgré quelques pèlerinages isolés jusqu'au milieu du XIXème siècle, l'époque du Tierkirchlein était révolue.
(L'Outre-Forêt N°46, 2-1984, F. Gutbub)
 
 

Tierkirchlein

LES PIERRES A CUPULES
Pierres à sacrifices ou récipients de meules à grains ?

La présence de 3 rochers à "cupules" ou a "bassins", soigneusement évidés sur une profondeur de 5 à 7 cm d'un diamètre variant entre 50 et 80 cm, force la curiosité. Chaque cupule présente une cavité centrale aunsi qu'un orifice d'écoulement. Autels à sacrifices ou réceptacles de meules à grains, la dernière hypothèse semble la plus plausible.
Ces cupules étaient probablement utilisées comme récipients servant au broyage. Les champs des terrasses aménagés sur les flancs du Scheibenberg, livraient le grain de blé et les forêts de hètres fournissaient les faines qui, broyées, donnaient une huile douce.

pierres  cupules
LE MUR PAÏEN DU "SCHEIBENBERG"
En direction du N-O, à une courte distance du Scheibenfelsen, un amoncellement de pierrailles, communément appelé  "mur des païens", forme une barrière.
Enceinte de pierres sèches régulièrement entassées les unes sur les autres, elle atteint, par endroits, 1.50 m de hauteur sur une largeur variant entre 1 et 2 m.
Les blocs sont de différents calibres, mais jamais démesurés.
Partant du flanc S-O, elle remonte sur un plateau visiblement égalisé par l'homme, s'interrompt un instant pour ménager le passage à un sentier et repartir de plus belle en direction du N-E et finalement mourir, après une course de 200m sur les bords d'un précipice.
Cité fortifiée ? - probablement ! Par sa configuration et son tracé, cette enceinte isolait parfaitement le "Scheibenfelsen" et rendait l'endroit pratiquement inexpugnable.
Datation: entre 1500 avant Jésus-Christ et les premiers temps de notre ère.
Nous nous situons alors en plein paganisme caractérisé par l'adoration de nombreuses divinités naturelles, notamment à travers le culte "solaire".
Le "Scheibenschlagen" ou "lancement de disques", qui s'est perpétué jusqu'au milieu du XIXème siècle, tire certainement ses origines de ces temps obscurs.
La pais romaine s'étalant sur les 4 premiers siècles de notre ère, incita peut-être cette civilisation des hauteurs à s'établir dans la vallée du Rothbach.
 
 

mur paen